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13/12 – La prise en charge des troubles anxieux est un

véritable enjeu, notamment en oncologie, tant les

répercussions de l’anxiété peuvent être importantes sur la

qualité de vie des patients, sur la compliance vis-à-vis des

soins médicaux ou le dialogue patient-médecin. C’est à cette

problématique que s’est attaquée Oncomfort, jeune start-up

cofondée par une Belge et basée aux États-Unis. Les outils

de gestion de l’anxiété qu’elle développe allient de façon

originale hypnose, techniques de soutien psychologique et

réalité virtuelle ! Preuve de l’intérêt qu’elle suscite, la jeune entreprise fait partie des projets qui ont été

présentés durant la mission économique princière qui s’est déroulée au Texas du 3 au 11 décembre 2016.

Titulaire d’un master en psychologie, longtemps bénévole auprès de patients atteints d’un cancer, Diane Jooris a vu

deux membres de sa famille emportés par la maladie. Partie vivre au Texas voici cinq ans, elle commence à

travailler pour le célèbre MD Anderson Cancer Center de Houston. Elle y prodigue à cette époque un soutien

psychologique aux patients lors de certaines interventions invasives. «

J’y ai introduit l’hypnose et j’ai lancé

plusieurs projets pour déterminer son impact sur l’anxiété lors de ces procédures »

, explique-t-elle. «

Bien qu’utile,

ce travail avait un côté frustrant. Je ne pouvais pas aider les personnes dont l’anglais n’était pas la langue

maternelle, ni me dupliquer lorsque plusieurs interventions avaient lieu en même temps ».

C’est en essayant de

trouver une alternative accessible à un plus grand nombre de patients que cette Belge découvre la réalité virtuelle. «

J’ai commencé par combiner un module de réalité virtuelle trouvé sur YouTube avec un audio d’hypnose que

j’avais produit moi-même. Les résultats préliminaires ont été au-delà de mes espérances en matière de réduction

de l’anxiété et de la douleur. C’était vraiment la réponse à ce que je cherchais

», s’enthousiasme-t-elle.

Résultats préliminaires impressionnants

Convaincue de l’utilité de ce nouvel outil, Diane Joris a depuis quitté son emploi et fondé Oncomfort avec d’autres

associés tout aussi motivés. La toute jeune start-up a depuis mis au point quatre modules associant immersion

virtuelle, son 3D et techniques de soutien psychologique dont l’hypnose. Disponibles en cinq langues, certains de

ces modules sont déjà régulièrement utilisés en milieu hospitalier, notamment aux Cliniques universitaires Saint-Luc

de Bruxelles, dans le service du prof. Martine Berlière, qui fait état de résultats «

bluffants

». Ces outils font aussi

l’objet de plusieurs études de validation clinique au niveau international.

« Nous avons des chiffres qui nous

viennent d’études pilotes où l’on voit des réductions impressionnantes d’anxiété, de douleur, d’attente du patient

en salle de réveil, de consommation d’analgésique »,

souligne Diane Jooris.

Indications étendues

Pensés au départ pour répondre au problème de la gestion de l’anxiété en oncologie, les modules d’Oncomfort

semblent voir leurs indications s’étendre. «

Nous avons commencé par l’oncologie parce que j’ai une histoire

personnelle qui m’a sensibilisé à cela. J’ai vu comment on pouvait souffrir des effets secondaires des

médicaments, j’ai constaté les ravages de l’anxiété, et je tenais absolument à faire quelque chose pour ces

patients. Mais les demandes viennent aujourd’hui de toutes les disciplines médicales. Nous travaillons avec des

radiologistes interventionnistes, des cardiologues, des médecins spécialisés en douleurs chroniques,

ajoute Diane

Jooris, qui reste cependant modeste sur les capacités des outils qu’elle développe. «

Il ne s’agit pas de thérapie,

mais d’un soutien psychologique standardisé aux moments-clés du traitement. On ne pourra jamais résoudre les

problèmes psychologiques d’un patient avec ce type d’intervention. Mais cela représente malgré tout une

alternative tout à fait valable».

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